Le langage des fleurs et des choses muettes

Panneau d'exposition :

La fleur-papillon (ou phalaénopsis) est une épiphyte,
c'est-à-dire qu'elle se nourrit,
grâce à ses racines aériennes, de particules
en suspension dans le milieu ambiant.

Réceptacle emblématique entre ciel et terre,
elle ne se développe donc pas
selon l'ordinaire des plantes terrestres,
mais au sein d'un système global
où elle capte, communique, évolue.

L'idée d'une fleur " perméable " m'a paru merveilleuse… une métaphore
de nous-mêmes dans le flux discontinu du monde contemporain ?

Le métier choisi devait répondre à plusieurs nécessités : visualiser
la pureté de dessin de la phalaénopsis, bien restituer sa précision,
sa densité, son extravagance. La technique, pigments, colle et eau,
m'est apparue comme la mieux à même de répondre aux
questionnements les plus exigeants, mais aussi de rendre possible
l'étape qui lui succède, celle de la traduction et de l'interprétation,
en multiples-artistiques numériques.

Présentés pour la première fois à l'occasion d'Art contemporain 2000,
les multiples-artistiques (M-A numériques) constituent assurément l'un des
meilleurs mariages actuellement possibles entre opération artisanale
et réalisation numérique sophistiquée. En eux, mon travail trouve
à ses qualités de finesse un prolongement qui affirme
une présence esthétique réelle.

E. TROUVERS nov. 1999

Actualité, Juin 2002

Exposition-installation tenue à l'occasion de la journée nationale de l'environnement 2002, et a été inaugurée par une conférence débat animée par Margarida da Ruas Santos, directrice du musée, et Maria Salomé Pais, professeur de biotechnologie végétale à l'Université de Lisbonne.

Du fait-main-machine au XXIe siècle

Apparemment, le métier que je pratique est celui des Anciens ; celui d'avant la quête des apparences optiques du monde par les moyens de la peinture à l'huile. Or, ce métier primitif (à base de pigments, de colle et d'eau, d'un rendu mat et lisse) se prête par nature aux interprétations visuelles. C'est en effet le travail au pinceau-couleur - création subtile portée par une énergie non violente, harmonique et poétique - qui me permet de pousser ici l'aventure picturale au meilleur des possibilités de l'édition numérique de haute qualité.

Les nouvelles technologies ont ouvert à l'être humain le champ virtuel d'un monde hors nature. C'est donc désormais entre deux pôles que se constitue l'imaginaire de notre temps. D'un côté, la part instinctive, sensitive, et animale, qui demeure et sous-tend l'intelligence sensible du mammifère que l'homme sera toujours (de ce point de vue, quoi de plus fondamental ici que le recours au pinceau-couleur, avec sa touffe de poil animal "domestiquée" !); de l'autre, la part captive et maîtrisée du "rationnel", exprimée essentiellement, aujourd'hui, dans le champ combinatoire de l'informatique et du numérique. De la jonction de ces deux pôles extrêmes naît aujourd'hui la possibilité des multiples-artistiques numériques (M-A).

Alors que la gravure ou la lithographie sont relativement limitatives (se rattachant au domaine du dessin…), ou que la sérigraphie d'après peinture apparaît presque toujours d'un rendu insuffisant et incorrect, la technique présente des m-a. numériques permet le contrôle et le développement de tout une gamme de nuances, de profondeurs, de saveurs, et même, d'illusions de matière. Mais surtout, le formidable atout d'une telle technique - qui ouvre des horizons neufs pour l'art du XXIe siècle - réside dans les possibilités presque infinies d'interprétations formelles à partir d'un fichier numérique créé.

Interprétations avec les meilleurs traceurs actuels par impression jets d'encre en trames invisibles et aléatoires (dont la qualité de fixité à la lumière est scientifiquement testée comme excellente sur papier Beaux-Arts sans acides) les multiples-artistiques numériques sont autant de transpositions poétiques, ou de manipulations esthétiques non arbitraires. Bien garantis par la collaboration étroite et constante de l'artiste et de l'artisan-tireur-chromiste, puis parfaitement revus et contrôlés, de tels visuels peuvent être pleinement attestés comme œuvres d'art.

Les m-a. numériques montrés cet automne, pour la première fois en France à l'occasion d'Art Contemporain 2000, constituent l'un des meilleurs mariages actuellement possibles entre opération artisanale et réalisation numérique sophistiquée. Par ce procédé, mon travail paraît prolongé à partir de ses qualités de finesse dans une étonnante présence réelle et esthétique ; emblème ouvert sur les enchantements de l'existence et proposé au public des regardeurs.

E. TROUVERS, mars/oct. 2000
expositions Liège, Paris Porte d'Auteuil, etc.

Vers un qualitatif quantitatif

Une peinture, bien mieux que tout autre principe d'incarnation ou de réalisation visuelle (image photographique ou de synthèse), donne à voir la diversité complexe et raffinée de l'espace, de la matière, de la couleur, de la texture et de l'expression du trait.

Si l'on se réfère au travail de Toulouse-Lautrec et de ses successeurs, le passage de la peinture à la chromo-lithographie se caractérise par une simplification des moyens de la peinture : mise à plat de l'espace, couleur plus sommaire, granulation de la matière par la technique du flochettage, et simplification du graphisme.

Manifestement l'art moderne a dû tenir compte de ces contraintes et propriétés mécaniques pour la création formelle des œuvres (choix de l'aplat, du contraste, du signe, de l'incisif, etc.) Or je fais le pari, travaillant sur le quantitatif qualitatif, que le multiple-artistique numérique devrait permettre une autre pratique artistique.

Conçu, à la Renaissance, comme une des sources fondamentales du raisonnement critique, ou de la réflexion sensible et humaine face à une pensée dogmatique, la voie encore riche de la représentation picturale est actuellement non seulement décriée, mais aussi, de plus en plus, menacée…

Autrefois singulière, unique et rare (car difficile et longue à produire manuellement), l'image s'avère, aux yeux de certains, ordinaire et galvaudée… Pourtant, chacun peut constater que si la pléthore actuelle (consommation à tout va d'images mécaniques, techniquement démultipliées) paraît dépasser l'exercice sensible d'une peinture qui se voulait d'abord : " captation descriptive des apparences ", ou " narration obligée pour les sujets d'histoire ", elle n'obère toujours en rien la part la plus fondamentale de l'art. Tel le sel ou le sucre en dissolution, sa saveur subtile demeure encore !

Certes, devant l'image en série, la question de l'unique, du rare, mais aussi des propriétés du multiple, se pose.

Il est d'abord éclairant de savoir que, dès le choc des premières photographies (en 1839), Ingres, Delacroix, Nadar, et Degas… ont le déclic ! Peut-être comprennent-ils instantanément ce que l'on peut demander à cette nouvelle technique d'images : la saisie d'états donnés qui vont permettre une mémorisation relativement facile des apparences optiques. Toutefois, lorsque d'artisanale, d'épineuse… et chère, la " petite chimie photographique " devient une technique de démultiplication des vues - capable de proposer un monde artificiel d'une présence presque aussi forte que celle de la nature -, la plupart des grands peintres de la fin du XIXe, puis du XXe siècle, se recyclent. D'où cet aspect moderne du " fait main " qui va s'affirmer en peinture comme pour donner le change aux réalisations industrielles (manufacturées) ; d'où aussi, presque nécessairement, ces continuelles mutations de modes, d'écoles, et de formules subjectives, qui ont pour nom Impressionnisme, Fauvisme, Cubisme, Abstraction, Surréalisme… ce, jusqu'aux avatars ultimes de l'Hyperréalisme, et du néo-Duchampisme des installateurs fin de siècle.

Si au cours du XXe siècle, le principe de la démultiplication des images par procédés mécaniques, dits analogiques, fut déterminant (selon Régis Debray " il y va d'une réorganisation générale des arts visuels…"), avec l'apparition du numérique, trois facteurs quasi révolutionnaires changent encore une fois la donne de la production d'images :

  • - premièrement, l'édition artisanale nouvelle bénéficie des progrès de la technique du scanner et du numérique (en 440 dpi) pour réaliser des tirages dont la trame devient pratiquement invisible ;
  • - deuxièmement, le meilleur de l'impression haut de gamme, couplé avec une technique complexe de couchage d'encres (pigments) solides à la lumière, garantit le tirage comme fixe dans le temps ;
  • - troisièmement, à chaque moment de la réalisation de ce type d'édition, l'image est qualitativement contrôlable - même par la sensibilité humaine la plus exigeante !

Servant pleinement la forme et l'esprit de finesse, ce type de réalisation en multiple-artistique rejoint aussi un des vieux rêves utopiques des peintres : celui de mettre à la portée de nouveaux amateurs les raffinements d'un art dont l'accès était limité, voire réduit ou impossible, parce qu'unique et enfermé dans des lieux de culte, dans des musées ou des coffres-forts.

Alors que les techniques de la gravure ou de la lithographie sont relativement limitatives (se rattachant au domaine du dessin…), ou que la sérigraphie d'après peinture apparaît presque toujours comme insuffisante et incorrecte, ces nouveaux multiples-artistiques numériques tirés sur papier noble et sans acide, permettent le développement de tout une gamme de nuances, de profondeurs, et même, d'illusions de matière. En effet, grâce aux meilleurs ouvriers ou artisans du domaine, la manipulation numérique sur écran offre un nombre presque infini de choix créatifs aux diverses étapes de chacun des tirages. On peut donc dire que, grâce à ces avancées techniques, les oeuvres d'art contemporaines acquièrent une dimension tout à fait nouvelle que l'on pourrait qualifier tout simplement de prototype, susceptible de générer des multiples-artistiques - revus, corrigés, contrôlés et signés par l'auteur.

Il ne s'agit plus de tirages quantitatifs quelques fois un peu honteux (estampes plus ou moins justement authentifiées par quelques signatures fameuses…); il s'agit moins encore de reproductions d'œuvres dites " à bon marché ", démultiplication industrielle en posters ou en cartes postales (sans contrôle bien garanti, ni exigence qualitative forte). Bien au contraire, l'apparition de ces nouveaux multiples-artistiques numériques semble être à l'origine d'une ferveur qui rappelle peut-être l'état d'esprit des meilleurs ateliers d'édition de jadis.

S'effrayer de pareilles réalisations et perspectives, de toute façon inéluctables, me semble une réaction sans fondement : il ne viendrait aujourd'hui à l'idée d'aucun musicien de refuser la bonne démultiplication discographique des oeuvres du répertoire. De même, depuis longtemps, le manuscrit d'un livre n'a qu'une valeur relative (celle du prototype) comparé au plaisir critique individuel du lecteur -si la forme littéraire n'est pas altérée par l'édition.

Je souhaite bien quant à moi, grâce au degré de raffinement atteint en la matière, parvenir à offrir en partage, le plus large possible, la part vivifiante et singulière de l'acte pictural - son état de grâce harmonique, fin, rare, et spirituel. Car dans le domaine artistique, la rareté rare n'est pas un objectif en soi.

E. TROUVERS
extraits de : Quelques mots clés de ma pratique, expositions automne 2000,

Expositions Paris Porte d'Auteuil,
Ecole d'Architecture

" Heureux celui - qui plane sur la vie et comprend sans efforts Le langage des fleurs et des choses muettes ! "
C. BEAUDELAIRE

" Je crois qu'une feuille d'herbe n'est en rien inférieure au labeur des étoiles. "
W. WHITMAN

fleur. Réceptacle emblématique entre Ciel et Terre. Longtemps, les hommes ont voulu voir dans les fleurs un principe passif, féminin ou neutre. Mais, par delà l'innocence du plaisir fin et délicat, Goethe a cette formule fameuse pour mieux définir le captivant état de grâce des végétaux : " la fleur est une feuille folle d'amour " (définition à rapprocher peut-être de celle donnée par le Petit ROBERT, "1°bot. Partie des plantes phanérogames qui porte les organes reproducteurs ").

orchidées. Plante de la famille des orchidacées ; famille, selon les botanistes, " la plus vaste et la plus évoluée de la planète…".
L'une des spécificités des éléments floraux de l'orchidée réside dans sa structure bilatérale ou symétrique. Alors que la quasi-totalité des autres fleurs se forment selon un plan régulier, en géométrie axiale (une marguerite disposera par exemple ses pétales tout autour d'un centre… en corolle), les éléments floraux de l'orchidée sont plus divers, et bien plus typiquement symétriques :
- trois sépales de même grandeur, le sépale supérieur ou dorsal, et deux sépales latéraux en dessous ;
- deux pétales similaires placés de chaque côté du centre, et un pétale inférieur, le labelle (ce dernier étant la partie la plus ornementale de la fleur, il va jouer le rôle de " plate-forme attractive " pour les insectes);
- enfin, la colonne, structure tubulaire portant les organes reproducteurs, pollinies , et stigmate, sous un " petit masque ", l'anthère.
Un dispositif qui procède selon un jeu subtil de l'être et du devenir… Il est en effet frappant de reconnaître dans pareille disposition la transposition - par similitude ou empathie, énigme fascinante de l'évolution - des caractéristiques bilatérales de l'insecte polinisateur (le messager de la vie à venir).

Dans la variété des orchidées réparties en 800 genres (des plus cosmopolites), j'ai spontanément été séduit par la Phalaénopsis - comme capté par son mystère et sa beauté régulière.
Le mot Phalaénopsis dérive de phalaina (phalène), et d'opsis (apparence). Cette fleur, nommée dès 1852 Phalaénopsis amabilis par le botaniste néerlandais Blume (en raison de son élégance et de son apparence de papillon en vol), semble l'incarnation, toujours renouvelée, d'une certaine ambivalence entre règne végétal et règne animal. D'où un large éventail de créations autour des phénomènes complexes de la beauté et de la laideur, autour de ses symétries, de ses tensions bilatérales, autour de ses équilibres, de ses ruptures expressives et dynamiques ; le tout proposant à la sensibilité du regardeur un vaste jeu d'interprétations poétiques et philosophiques évoquées dans mon préambule.
Au moment de mes premiers dessins au Jardin des plantes de Paris (en 1987), cette orchidée n'avait pas encore la notoriété et la fonction référentielle (à la mode) qu'elle a atteintes aujourd'hui. Cette fleur fantastique, véritable signe d'amour esthétique sur les richesses du monde, devenue accessible à tous grâce à une technique horticole de clonage en conscience m'intéresse ! (analogie avec mes multiples-artistiques ?).

épiphytes. Le botaniste compte cinq groupes parmi les végétaux aériens : les plantes terrestres, les épiphytes, les lithophytes, les plantes carnivores, et les plantes parasites.
Qu'un végétal tire sa subsistance du sol où il s'enracine, chacun le sait. Les fleur-papillons, en revanche, ne se développent pas selon l'ordinaire des plantes terrestres. Si elles ont besoin d'un support pour se fixer (par exemple une pierre, dans le cas des lithophytes), elles se nourrissent essentiellement, grâce à leur racines aériennes, des particules en suspension dans le milieu ambiant ; on les qualifie donc d'épiphytes.

E. TROUVERS
extraits de : Quelques mots clés de ma pratique, expositions automne 2000

Définition et principes du M-A numérique

Panneaux d'exposition :

C'est à partir d'un fichier digital, extraordinairement riche, complexe et fin, que naît la possibilité d'interpréter, voire de réorchestrer chromatiquement, dans son intégralité, ce visuel que je nomme multiple-aristique numérique ou m-a. numérique.

Lié à l'expérience vécue par l'artiste d'une certaine énergie subtile des êtres et des choses, le prototype est d'abord peint à la colle sur papier au moyen du pinceau-couleur. Il est ensuite scanné pour nourrir le fichier fondamental, mémoire numérique des plus nuancées à partir de laquelle sera réalisée l'impression laser professionnelle sur un support noble et garanti.

Chaque m-a. numérique est réalisé en jets d'encre haute résolution, en 7 encres pigmentaires haut de gamme. Encres nouvelles garanties pérennes par le fabricant dans la mesure où elles dépassent nettement le niveau d'exigence habituellement admis dans le domaine de l'estampe.

Je vérifie moi-même chaque œuvre en cours de réalisation (l'éliminant à la moindre imperfection constatée), et la parachève par une découpe du papier à la main avant de la dater, de la signer et de la numéroter selon un nombre limité (en général de 4 à 9 exemplaires).

Chaque visuel peut-être édité à l'unité, en fonction de la demande. Mais je peux aussi, comme il est indiqué plus haut, le doter d'une identité esthétique radicalement neuve en intervenant sur le fichier initial.

Dans cette synergie entre opérations artisanales et moyens d'analyse par logiciels d'image, l'ordinateur devient un outil de maîtrise qui, grâce aux niveaux d'exigence et de sensibilité de l'artiste, aboutit à la création d'une nouvelle œuvre par un fait-main-machine, au pixel près. De sorte que, réalisé selon mes seules instructions, ou sous mon seul contrôle, chacun des m-a. numériques porte la marque de mon intervention. Il ne s'agit donc plus de "reproductions mécaniques", principes réducteurs dénoncés par Walter Benjamin, mais de re-production numérique ouvrant sur une liberté de réalisation revivifiée.

E. TROUVERS janv. 2003

Alors que, dans sa noblesse, la gravure en creux ou en relief est relativement limitative
(se rattachant au domaine du dessin), et que les procédés d'édition
en couleur chromolithographie, quadrichromie imprimée en réseaux tramés,
et sérigraphie d'après peinture, sont, par nature,
approximatifs, aléatoires, et variables (en cours de tirage et dans le temps),
le principe numérique des M-A, en raison de son fait-main-machine,
permet une maîtrise qualitative accomplie de ces estampes numériques.

Après l'époque où l'homme et sa sensibilité furent adaptées
aux exigences d'un monde machiniste et industriel
(par des guerres et des luttes fondamentales),
puis le présent, où les technologies
de l'information travaillent
sur l'événementiel,
la problématique de l'ère nouvelle paraît autre…

Dans le champ particulier des arts visuels, le M-A numérique ouvre des voies
qui sont peut-être la symétrie inversée du travail d'un Toulouse-Lautrec
(cf. L'Anglais au Moulin rouge et la sérialité exemplaire du Loïe Fuller),
ou des principes sérigraphiques d'Andy Warhol avec le Pop Art…

Chaque époque a sa conception esthétique et qualitative pour faire évoluer la vie.
Avec l'apparition du M-A numérique, quatre facteurs changent
encore une fois la donne. Enumérons les :
1. la finesse des derniers logiciels en tant qu'outils de contrôle et d'interprétation ;
2. les traceurs à jets d'encre dont la trame aléatoire devient invisible à l'œil nu et
permet l'expression des divers jeux d'une matière illusionniste : " de la belle matité " ;
3. la meilleure adéquation possible entre
encre pigmentaire, solide à la lumière, et papier coton ;
4. la maîtrise humaine de l'artiste et de l'artisan tireur chromiste.

Servant pleinement la forme et l'esprit de finesse des œuvres, et permettant
de prendre la mesure des limites de la manipulation selon l'ordre esthétique,
les M-A numérique rejoignent aussi une vielle utopie
des artistes : mettre à la portée de nouveaux amateurs
les raffinements d'un art dont l'accès était
limité, voire réduit ou impossible.

E. TROUVERS juil. 2001
expositions Lisbonne et Lyon